LeS larmeS...
LeS larmeS S°nt elleS
faiteS pOur apaiSer n°tre
chagrin ?
Je ne penSe paS.
Elle a beau pleurer, elle S°uffre tOuj°urS.
Al°rs, pourquOi deS larmeS ?
LeS yeuX gonfléS, la gOrge n°uée.
Le chagrin la tient prisOnnière, beaucOup tr°p de larmeS Ont c°ulé
de seS yeuX criStallins à préSent rouge Sang.
Elle n'a que diX anS...
A siX ans déjà, elle pleurait Sa défunte mère.
Et v°ila que quatre annéeS pluS tard, le s°rt l'accabla de nOuveau ;
s°n père décéda. Parti en bateau pOur un v°yage d'affaire...
La mauvaiSe tempête au mauvaiS mOment.
Il n'y eut aucun Survivant...
Al°rs elle pleure...
...
La jeune fille à préSent orpheline Se vit emmener chez S°n grand-père paternel.
La calèche qui la conduiSit s'arrêta devant un magnifique manoir à l'architecture,
pOur le moins, impreSsionnante.
Dominant un vaSte parc à la végétation luXuriante,
le manoir se v°yait contOurné par une rivière.
Du m°ins lui semblait elle, car elle n'en percevait que la d°uce mélodie...
Avançant verS la pOrte d'entrée, un m°uchoir à la main, elle frappa et attendit.
La fillette scrutait cet envirOnnement inc°nnu.
Son grand-père, elle ne le connaissait que de n°m...
Pourtant elle n'avait paS peur, nOn...
Elle était triSte.
La p°rte s'ouvrit dans un grincement strident,
elle entra et referma brutalement la pOrte.
Les murS vibrèrent et sOn reflet Se tr°uva décuplé
une dizaine de f°is sur ceS murS chargés de miroirS.
Dix fillettes s'observaient, déviSageant leurS yeuX r°ugeS.
Ne suppOrtant pas s°n regard, elle ferma vivement seS paupièreS.
Une main seS p°sa délicatement sur sOn épaule.
Ouvrant les yeuX, elle aperçut un vieil homme.
Ces pupilleS étaient bleueS, aucune larme n'avait été verSée...
PriSe de colère la fillette éclata en sanglotS.
Lui prenant la main, s°n grand-père la guide à traverS les alléeS
encombréeS de diverS miroirS.
Arrivée dans sa chambre, l'enfant s'écr°ula de fatigue.
Au beau milieu de la nuit,
al°rs que le silence régnait, la fillette Se réveilla paniquée.
Réalisant que dans un miroir, elle n'avait pas vu sOn reflet...
Cela l'intriguait au plus haut point, car elle n'en était pas sûre.
Le doute perSistait et la rongeait.
Cette fois, elle avait peur.
Sur la p°inte des pieds elle parcourut l'interminable couloir,
une b°ugie éclairant Son chemin.
A chaque miroir elle vérifiait s°n reflet,
souriant quand elle diStinguait ses rougeS pupilles.
Arrivant enfin à ce fameux miroir dont elle avait rêvé,
la fillette inspira, raSsembla s°n courage et le fixa.
Elle treSsaillit _ Rien. Non, aucun reflet n'était visible.
Elle avança la bougie et aperçut une faible lueur.
Approchant sa main, celle-ci le traverSa.
Avançant vers le halo de lumière, tout son corps se trouva aSpiré.
Elle t°mba...
L'enfant se réveilla par le murmure de la rivière
qu'elle avait perçu l°rS de son arrivée au manoir.
Les étoiles brillaient et une clairière se dessinait sous la clarté lunaire.
Cet aStre se reflétait dans l'onde argentée, parcourant l'abondante végétation.
Au bOrd de l'eau, parmi la flore, deux individuS étaient aSsis.
Un homme et une femme à l'allure triste et au regard morne.
Son c½ur se serra, c'était ses parents...
Comment ? Pourquoi ?
Inutile de comprendre que ces questions étaient inutiles à un c½ur sangl°tant.
Ne retenant seS larmes ruisselant sur son large sourire,
la fillette avançait, la fillette courait.
Elle se précipitait sur eux les yeuX remplis de jOie.
Mais ses membres furent bloqués par une force invisible.
Essayant en vain de rej°indre les êtres qu'elle avait tant pleurée,
elle s'épuisa.
Le dégoût se lisait en elle.
Ses parents la regardèrent tristement.
En un dernier effort elle hurla : « Pourquoi ? »
Une interrogation qui la tOrturait.
N'avait-elle pas déjà assez souffert pour qu'on ne la tourmente davantage ?
L'incompréhension, la tristesse, l'injustice...
L'amour...
Des sentimentS doul°ureux la transperçaient corps et âme.
La terre se mit à trembler, l'eau à se troubler.
« Pourquoi... Pourquoi ne ceSse tu pas de pleurer mon enfant ? ,
intervient al°rs la tendre voiX de sa mère.
Vois le torrent de tes larmeS qui, chaque nuit, s'abat sur nous. »
Elle aperçut alors, un immenSe mascaret,
une remontée des eaux qui se produit dans certains eStuaires
au moment du flux et qui progreSse rapidement vers l'amont
sous la forme d'une vague déferlante.
Ses parents, happés par la puiSsance de la vague se n°yaient sous ses yeux.
« - Vois... Jamais nous ne serons en paix tant que ts larmes continueront de couler... »
La fillette aSsista à la triste scène avant d'être également happée.
En sursaut, elle se réveilla crachant à pleins p°umons l'eau ingurgitée.
Elle conStata qu'elle se trouvait à présent
dans le parc du manoir...
Le son de l'eau attira son attention.
Elle pénétra dans un lieu similaire à celui du miroir.
Mais, à l'endrOit où se tenaient seS parents, un arbuste se dreSsait.
« Cet arbuste aura besoin de beaucoup de soleil,
tu devras aussi l'arroser de temps à autre avec l'eau de la rivière
pour qu'il puisse pleinement s'épanouir... »
C'était la voiX de s°n grand-père qui l'avait rejoinS.
Le c½ur apaiSé, la fillette regagna sa chambre et, en paSsant devant le miroir, elle aperçut
sOn reflet.
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